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Interdiction des tatouages en couleur : l’offensive d’un professionnel chartrain

Depuis plusieurs mois des dermatologues pointent du doigt les dangers des pigments colorés, utilisés par les tatoueurs. Une loi les interdisant pourrait bientôt voir le jour. Cette interdiction programmée inquiète Serge Buono, tatoueur professionnel de Chartres, qui lance l'offensive sur le web.

  • R. Benbourek
  • Publié le 22/11/2013 | 08:39, mis à jour le 22/11/2013 | 08:39
© S.Buono
© S.Buono
interdiction tatouage couleur © S.Buono
Le tatouage en couleur bientôt interdit ?
Voilà une mesure qui risque bien d’en faire voir de toutes les couleurs aux tatoueurs français. Un arrêté du 6 mars 2013, publié au Journal Officiel, a lancé un pavé dans la mare de la profession. La plupart des encres utilisées pour réaliser des tatouages en couleurs pourraient tout simplement être interdites le 1er janvier prochain. Selon certains dermatologues, l'utilisation de ces pigments colorés engendrerait des risques pour notre santé. Fini les dauphins bleus, les papillons multicolores ou les cœurs roses dédicacés à « Maman »…

Un groupe de praticiens donne l'alerte​ sur le risque des tatouages en couleurs
L’alerte a été lancée en janvier dernier par un groupe de praticiens. Le syndicat national des dermatologues évoque dans un rapport la présence de métaux toxiques contenus dans les couleurs utilisées par les tatoueurs : aluminium, cobalt, chrome, cuivre, fer, mercure, nickel… La plupart de ces produits seraient cancérigènes lorsqu’ils sont introduits dans la peau et exposés à des rayonnements solaires…

Le tatoueur de Chartres lance l'offensive sur le web
interdiction tatouage couleur © S.Buono
Mais les tatoueurs français ne voient pas les choses du même œil. En région Centre, c’est un professionnel basé à Chartres en Eure-et-Loir, qui a lancé l’offensive sur le web. Serge Buono, dirigeant-fondateur de l’enseigne « Art d’Corps » a déjà recueilli 50 000 vues sur sa page Facebook. Une pétition nationale mise en ligne par le Syndicat National des Artistes Tatoueurs (SNAT) le 16 novembre dernier affiche même plus de 80 000 signatures.

Selon Serge Buono, cette mesure « ne s’appuie sur aucune étude et aucun test en laboratoire, il s’agit d’un simple principe de précaution ». Le professionnel admet tout de même que le fondement de cette loi est pertinent. « On n’a pas envie de se rendre compte dans 10 ou 20 ans, que les produits administrés à nos clients sont toxiques », confie le tatoueur chartrain. Aujourd’hui, la plupart des tatoueurs français plaident donc pour une campagne de sensibilisation. Parler des risques potentiels aux clients plutôt que mettre en place une loi pénalisante. La personne désirant un tatouage le ferait alors en toute connaissance de cause.

Rien qu’en Eure-et-Loir, on dénombre une centaine de tatoueurs. Leur enlever la couleur pourrait représenter un manque à gagner de 25%. La profession sera prochainement reçue par des représentants du ministère de la Santé, lors d’une table ronde à l’Assemblée Nationale.

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