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Mediator : Nouveaux ennuis pour Servier

Deux anciens collaborateurs du laboratoire expliquent comment on a transformé un coupe-faim en anti-diabétique.

  • Xavier Naizet
  • Publié le 06/09/2011 | 15:39, mis à jour le 17/04/2014 | 08:26
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Des témoignages contre Servier

Alors que l'avocat de Servier évoque une prochaine mise en examen du groupe, Libération et le Figaro publient deux témoignages d'anciens responsables scientifiques du groupe. Ils expliquent comment on a minimisé les effets coupe-faim du Mediator.

Libération et Le Figaro ont révélé mardi 6 septembre des informations issues de PV d'audition qui pourraient jouer un rôle décisif dans le futur procès des laboratoires Servier. Dans le même temps, l'avocat du groupe évoque une possible mise en examen.



Dans le cadre de la procédure en cours, les juges d'instruction ont reçu les témoignages de deux scientifiques qui expliquent comment Servier a pratiqué dans le but d'obtenir l'autorisation de mise sur le marché du Mediator.


Dans le dossier présenté aux autorités de santé, l'effet anorexigène de la pilule (pourtant connu de Servier) était passé sous silence tandis que son effet anti-diabétique était mis en avant. Interrogé par Libération, l'un de ces deux témoins, Jacques Charpentier (81 ans) rédacteur du dossier scientifique d'autorisation de mise sur le marché a expliqué : « On a fait de l'action secondaire l'action principale.Le choix du diabète s'explique car c'est un domaine infiniment plus rentable pour les labos. »


Si ces informations sont confirmées lors du procès, elles risquent de mettre à mal la stratégie de défense de Servier qui a toujours nié les accusations de « tromperie. » Elles risquent aussi d'empêcher le laboratoire d'avoir recours à son assureur pour indemniser les victimes car Axa n'assurera un remboursement que s'il est démontré que le Mediator n'est pas un coupe-faim.

Servier mis en examen bientôt ?


Interrogé par Europe 1, l'avocat de Servier Me Hervé Temime a rapidement réagi : «Servier n'est absolument pas dans le déni. Servier considère simplement qu'il n'y a pas eu de tromperie, qu'il n'y a pas eu d'escroquerie, qu'il n'y a pas eu d'obtention indue d'une autorisation de mise sur le marché. »

Me Temime a aussi précisé à l'AFP que des convocations ont été envoyées au groupe "en vue d'une mise en examen."

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